Kyle Chandler (Hal Jordan) et Aaron Pierre (John Stewart) sur une route dans la série Lanterns
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Lanterns : on a lancé le premier épisode, et ça sent très bon (sans spoiler)

Premier épisode de Lanterns sur HBO Max : un polar du Nebraska avec deux flics de l'espace. Ce qui fonctionne déjà, ce qui peut coincer, et si ça vaut vos huit prochaines semaines.

Il y avait de quoi être méfiant. Après un été DC compliqué, marqué par l’échec de Supergirl au box office, la première série du DCU relancé par James Gunn et Peter Safran arrivait avec une sacrée pression sur les épaules : prouver que cet univers sait faire autre chose que du fun décomplexé, et accessoirement faire oublier le Green Lantern de 2011.

Le premier épisode est disponible depuis le 17 août sur HBO Max. Voilà ce qu’il faut en retenir sans rien vous gâcher : le pari de départ, ce qui fonctionne déjà, ce qui peut vous faire décrocher, et la seule question qui compte vraiment, est-ce que ça vaut le coup de s’engager pour huit semaines.

Kyle Chandler (Hal Jordan) et Aaron Pierre (John Stewart) dans la série Lanterns
La bande-annonce de la saison 1 de Lanterns.

Le pari : un polar du Nebraska avec deux flics de l’espace

Un meurtre dans une petite ville du Nebraska, deux Green Lanterns envoyés enquêter, et une affaire qui déborde lentement de leur juridiction. Voilà tout le programme. Pas de space opera, pas de flotte intergalactique, pas de menace galactique brandie dès la première scène. Lanterns est un polar, et il en assume toutes les conséquences, y compris les plus lentes.

Décor rural du Nebraska dans la série Lanterns sur HBO Max

Les références sont assumées, presque affichées : la saison 1 de True Detective pour le duo d’enquêteurs et l’ambiance rurale poisseuse, Training Day pour le rapport maître et élève qui grince, No Country for Old Men pour la sécheresse du récit. Ajoutez la case du dimanche soir sur HBO, celle des grandes séries de la chaîne, un créneau que les super-héros n’occupent quasiment jamais (le dernier à y être parvenu s’appelait Watchmen), et vous comprenez le niveau d’ambition affiché.

Derrière, l’équipe créative n’est pas là par hasard : Chris Mundy, showrunner d’Ozark et passé par True Detective, Damon Lindelof (Lost, Watchmen) et Tom King, l’un des meilleurs auteurs de comics de la décennie. James Hawes réalise les deux premiers épisodes, et la photographie est signée Florian Hoffmeister, nommé aux Oscars pour Tár et déjà responsable de l’image de True Detective: Night Country. Ça pose le cadre.

Affiche de la saison 1 de la série Lanterns sur HBO Max

Ce qui fonctionne dès le premier épisode

Aucune origin story à subir

C’est le premier bon réflexe de l’épisode : il ne perd pas une minute à réexpliquer ce qu’est un Green Lantern, d’où vient l’anneau et pourquoi il est vert. On entre directement dans l’enquête, et le peu qu’il faut savoir se transmet par les dialogues et les situations. Après quinze ans de films de super-héros qui commencent tous par la même demi-heure de mise en place, ça fait un bien fou.

Le duo Chandler et Pierre

Kyle Chandler crève l’écran en Hal Jordan vétéran, usé, arrogant sans en faire des tonnes, du genre à occuper une pièce sans avoir besoin d’expliquer qui il est. En face, Aaron Pierre (formidable dans Rebel Ridge) joue une recrue rigide, appliquée, qui sert de garde-fou quand son mentor commence à déraper. L’alchimie prend immédiatement, et c’est probablement ce qui portera la saison plus que n’importe quel effet spécial.

Autour d’eux, Kelly Macdonald joue la shériffe locale et Garret Dillahunt le patriarche de la famille qui tient la région, deux rôles qui pèsent déjà lourd dans l’équilibre de l’enquête.

Un monde où les extraterrestres ne surprennent plus personne

Le choix est malin : les humains se sont habitués à l’existence de la vie extraterrestre au fil des années, ce n’est plus un événement, c’est un fait divers de plus. Résultat, la série peut se concentrer sur les gens plutôt que sur la révélation. Visuellement, c’est sombre mais très lisible, avec beaucoup de gros plans et une mise en scène qui préfère les visages aux plans larges numériques.

Scène de la série Lanterns diffusée sur HBO Max

L’anneau comme une arme, pas comme un gadget

C’est le geste d’écriture le plus intéressant de l’épisode. L’anneau n’est pas un jouet qu’on dégaine à chaque scène pour fabriquer un marteau géant, il est traité comme une arme de destruction massive, avec ce que ça implique de retenue et de conséquences. Ça explique pourquoi les personnages ne s’en servent pas en permanence, ça rend chaque utilisation lourde de sens, et ça évite à la série de tout cramer dès le pilote. Tom King oblige, les personnages de comics sont pris au sérieux, avec de la profondeur et de la complexité.

Ce qui peut vous refroidir

Le budget. Il n’a jamais été communiqué officiellement, les estimations qui circulent parlent de 80 à 160 millions de dollars pour la saison. C’est confortable pour de la télévision, ce n’est pas un blockbuster de cinéma, et ça se voit : la série évite soigneusement les démonstrations de force numériques. Dans le cas présent c’est plutôt une bonne nouvelle, la contrainte pousse l’écriture, là où Supergirl (également adapté d’une oeuvre de Tom King) avait beaucoup plus de moyens pour un résultat nettement moins convaincant.

Le ton. Si ce que vous aimez dans le DCU, c’est l’énergie trash et loufoque de Peacemaker ou l’humour pop de Superman, autant le dire tout de suite : Lanterns joue dans une cour complètement différente. Sérieux, adulte, terrien, sans une seule vanne pour désamorcer une scène. C’est un choix radical qui va forcément diviser une partie du public de la franchise.

Le rythme et les attentes de fans. La série prend son temps, pose ses bases, et refuse de sortir le grand spectacle trop tôt. Si vous veniez chercher le Corps des Green Lanterns, Oa et la mythologie cosmique, vous risquez de trouver le temps long : tout ça existe dans la série, mais reste pour l’instant à la périphérie du récit.

Ce que disent les chiffres et la critique

Le lancement est un franc succès : 9,3 millions de spectateurs en trois jours, soit le meilleur démarrage jamais enregistré pour une production DC sur la plateforme, devant The Penguin (10,4 millions, mais en onze jours) et Welcome to Derry (5,7 millions sur la même fenêtre de trois jours). Pour James Gunn et Peter Safran, qui sortaient d’un début d’été difficile, c’est la bouffée d’oxygène attendue.

Côté critique, la presse suit avec une moyenne de 4,1 sur 5 sur AlloCiné. Les spectateurs sont un peu plus partagés, autour de 3,5 sur 5, ce qui reflète assez bien le clivage : ceux qui cherchaient un polar sont conquis, ceux qui attendaient du spectacle super-héroïque le sont beaucoup moins. Les dernières minutes de l’épisode ont largement fait parler, au point que Damon Lindelof est monté au créneau pour demander qu’on juge le choix à la fin du huitième épisode. On verra bien.

Alors, on lance ou pas ?

Oui, sans hésiter. Ce premier épisode ne démarre pas pied au plancher, il installe, il observe, il fait confiance à ses acteurs. Mais tout ce qui devait être solide l’est : le duo, l’écriture, l’image, et surtout cette impression rare qu’une série de super-héros a quelque chose à raconter au-delà de son univers de licence. Le vrai test viendra sur la longueur, quand il faudra tenir l’enquête sur huit épisodes sans tourner en rond.

Pour vous si vous aimez les polars ruraux lents et tendus, True Detective, Ozark, les séries qui prennent le temps. Pas pour vous si vous voulez du costume coloré, des combats spatiaux et une vanne toutes les deux minutes.

Depuis le 17 août 2026 sur HBO Max, huit épisodes au total, un par semaine jusqu’au final prévu le 5 octobre. Voir la fiche complète de Lanterns

Le calendrier des épisodes

Un point pratique qui a son importance : HBO diffuse Lanterns le dimanche soir aux États-Unis, à 21h heure de New York. En France, l’épisode arrive donc dans la nuit du dimanche au lundi, à 3h du matin sur HBO Max. Autrement dit, sauf à veiller, c’est un rendez-vous du lundi matin, et toutes les dates françaises sont décalées d’un jour par rapport aux dates américaines que vous verrez circuler.

  • Épisode 1 : lundi 17 août 2026
  • Épisode 2 : lundi 24 août 2026
  • Épisode 3 : lundi 31 août 2026
  • Épisode 4 : lundi 7 septembre 2026
  • Épisode 5 : lundi 14 septembre 2026
  • Épisode 6 : lundi 21 septembre 2026
  • Épisode 7 : lundi 28 septembre 2026
  • Épisode 8, le final : lundi 5 octobre 2026

Chaque épisode reste disponible ensuite, donc rien n’oblige à suivre le rythme hebdomadaire. Mais vu la fin du premier épisode et l’ampleur des discussions qu’elle provoque, mieux vaut être à jour si vous ne voulez pas croiser un spoiler avant d’y arriver.

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